Adieu

Aujourd’hui, je te voyais pour la dernière fois. C’est peut être mieux ainsi.

Je veux t’oublier, Il me le sera difficile, impossible. Mais tu t’en fous. Tu ries, tu t’en moques. Alors que moi, je suis épuisé, je ne sais plus où aller, tu es partout.

Je marchais dans un parc, il faisait beau. Une petite brise qui rafraîchit de la chaleur de ce soleil brûlant. J’appréciais cette pelouse verdoyante et je fini par m’asseoir sur un banc afin de laisser le vent me caresser la peau. Cela ne dura pas longtemps, tu étais toujours dans mes pensées, tu me tourmentais. je me levais donc brusquement et me mis à marcher en long et en large du gazon. La tête basse, triste, le visage pâle et inexpressif, le regard vide. Je marchais là et là quand tout à coup un vieil homme s’approcha de moi et me demanda :

- Jeune homme, pourquoi êtes vous si triste ?

- C’est l’hiver qui est trop long, lui répondis-je.

- L’hiver ? Ah ! Mais l’hiver est terminé depuis longtemps ! Il faut aller au soleil, regardez ce soleil éclatant, n’est-ce pas beau ? Dit-il avec un grand sourire.

Je le regardais d’un air bête, sans expression, les yeux dans les yeux et il fini par avaler son sourire innocent. Il ne savait pas ce qu’il disait, il ne connaissait pas mon hiver, mon interminable hiver. Mais quel soleil ? Mon soleil me rejette, il ne me veut point, il m’ignore, il me tue !

J’aurai pu survivre en sachant que ton cœur ne pourrait m’appartenir, mais vivre en sachant que ton cœur appartient à un autre, jamais, jamais je ne pourrai vivre avec cette idée. Plutôt mourir ! Car depuis que je t’ai rencontré, je n’ai plus qu’un souvenir à chérir la nuit, c’est tout ce dont à quoi je m’attache. Je ne sais rien faire d’autre que t’aimer. Je n’ai rien appris d’autre que de t’aimer. Mais maintenant que je sais que jamais je ne pourrai t’avoir, à quoi bon continuer ? Tu as réveillé mon cœur, tu as fait en sorte qu’il batte à nouveau pour ensuite le tuer, l’arracher. Je n’ai plus l’énergie de me battre, car cette énergie, c’est toi qui me la donnais. Je suis trop fatigué pour dormir, je n’ai même pas la force de m’endormir. Je n’ai même pas la force, ni le vouloir de me tuer ou même de rester en vie.

Mais qu’ai-je donc ? Serait-ce une nouvelle maladie ? Ne pas avoir la force, ni le vouloir de se tuer ou de rester en vie ! Quoi faire d’autre alors ? Mais dites-le moi ! Allez ! Que ferai-je d’autre ? Je n’arrive plus à sourire, à rire, à pleurer, à parler, à crier. Tu m’as détruit, tu m’as démolis par ton indifférence. Je n’ai plus rien à penser, plus rien à faire, plus rien à dire, plus rien à écrire. Je n’ai plus rien. Je suis vide, je suis froid. Vide, froid, comme l’Univers, comme cette planète qui se refroidit parce que son soleil s’est éteint, parce que sa source d’énergie est épuisée. Comme elle je me meurs de l’intérieur, j’implose et je disparais dans l’espace en poussière. Comme elle, c’est comme si je n’avais jamais existé, personne n’aura remarqué son existence et personne n’aura remarqué sa disparition. C’est comme cet arbre qui tombe en plein milieu de la forêt et dont tout le monde ignore l’existence parce qu’il n’y avait personne pour l’entendre crier sa douleur, ni pour le voir tomber à terre, à genoux et mourir.

Je ne sens plus mes membres, je suis froid. Je n’arrive plus à bouger. Seuls mes yeux ont encore la force de rester ouvert et de regarder le ciel, pour la dernière fois, avant de se refermer enfin avec ton visage qui apparaît dans le ciel, autour des nuages, du soleil et de la lune, comme dernière image. Et comme dernière sensation, ce vent qui me caresse doucement, tendrement et qui me dit Adieu à sa façon…

Mourir de l’intérieur est le seul moyen de t’oublier.

«Dans un cœur troublé par le souvenir, il n’y a pas de place pour l’espérance.» Alfred de Musset

Absence

Le froid n’existe pas, c’est l’absence de chaleur.

L’obscurité n’existe pas, c’est l’absence de lumière.

La mort n’existe pas, c’est l’absence de vie.

Le bonheur n’existe pas, c’est l’absence de douleur.

Je n’existe pas, c’est l’absence de toi et de moi.

Publié dans:  on 20 avril 2008 at 1:15 Commentaires (1)
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Et pourtant

Tu m’as tué. J’ai pris un couteau, j’ai ouvert ma poitrine. J’ai pris un marteau, j’ai cassé ma cage thoracique afin que tu aies accès à mon cœur. Tu l’as pris, non, tu l’as arraché et tu es partie avec. Tu m’as laissé là, seul, sans cœur, ouvert, saignant, souffrant, mourant.

Lui, il m’a assassiné sans le savoir, sans agir, sans rien faire, sans le moindre mouvement, ignorant mon existence, il a tué un homme inconsciemment, malgré lui.

Et pourtant, je t’aime toujours…

Publié dans:  on 19 avril 2008 at 1:40 Laisser un commentaire
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Et maintenant

Je n’aurais su mieux dire !

Non, lui répondais-je; ce n’est pas une si grande perte. N’ai-je pas fais ce que je devais ? Ne l’ai-je pas chassée d’ici ? Qu’avez-vous donc à dire ? Le reste me regarde; les taureaux blessés dans le cirque ont la permission d’aller se coucher dans un coin avec l’épée du matador dans l’épaule, et de finir en paix. Qu’est-ce que j’irai faire, dites-moi, là ou là ? Qu’est-ce que c’est que vos premières venues ? Vous me montrerez un ciel pur, des arbres et des maisons, des hommes qui parlent, boivent, chantent, des femmes qui dansent et des chevaux qui galopent. Ce n’est pas la vie tout cela : c’est le bruit de la vie. Allez, allez; laissez-moi le repos.”

Alfred de Musset, La confession d’un enfant du siècle, Paris, FLAMMARION, 1993, p.59

À suivre…

J’ai pensé t’écrire. je pensais que ça pourrait m’aider, que ça serait plus clair, plus précis, plus détaillé, plus franc. Mais dans le fond, ce ne serait pas plus vrai, ce ne serait que des mots…

Alors que je peux t’exprimer, te montrer, te faire ressentir ce que je ressens.

Mon cœur s’assèche. Je suis épuisé, je suis fatigué, je n’ai plus la force de penser, d’écrire, d’agir, de parler.

Mon corps me lâche, je ne suis plus maître de moi. Je suis emprisonné dans cette cage, dans cette prison qu’est mon corps las et inerte.

Je n’existe, je ne suis vivant qu’à travers tes yeux. Je me vois dans tes yeux. C’est à travers leur lumière que mon cœur bat. Mais plus tu t’éloignes, moins il bat. Moins il bat, plus je faibli. Tu me tortures sans le vouloir, tu me tues à petit feu en restant loin de moi. Tu es l’oxygène dont mon cœur à besoin pour brûler. La fin approche. Un sage m’a dit un jour qu’il existe un nombre déterminé de battements de cœur avant que celui-ci ne s’arrête. Tu as tellement fait battre mon cœur que tu as raccourci sa durée de vie. C’est comme si la vie ne durait qu’une journée et que je t’ai rencontré qu’en fin de soirée. Il est trop tard et pour moi et pour mon cœur.

Et pourtant, il y a quelque chose en moi qui me pousse à continuer…

Publié dans:  on 17 avril 2008 at 11:45 Commentaires (1)
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hésitation

Me ronge.

Toutes ces occasions qui me sont apparues et où j’ai hésité une seconde, rien qu’une, m’ont glissé d’entre mes mains. Cette seconde d’hésitation a détruit mon bonheur probable, mon espoir.

J’ai toujours réussi à vivre avec mes erreurs, en les acceptant, en en tirant une bonne leçon de vie, en jurant de ne plus les refaire et en me disant “plus jamais”. J’ai réussi à les oublier. Je réussissais grâce à ce qu’un jour Sade a dit : “[...] pas le temps pour les regrets”. Ces mots me remplissaient de courage et de force. Ils me permettaient de continuer à vivre en me disant que la vie avance, le temps n’attend pas et qu’il y aura toujours mieux à venir. Mais n’est-ce pas vivre dans l’illusion qu’espérer un avenir meilleur et oublier de vivre le présent ? Peut-être bien, mais ça aidait.

Bref, par habitude, je finis par oublier aisément. D’ailleurs, je ne me suis jamais souvenu que de moi-même jusqu’au jour où je t’ai vu pour la première fois. En un instant, tu as détruit ce que j’ai construit en trois ans afin de me solidifier, de me renforcer, de me rassurer, de me protéger contre tout événement de ce genre. Tu as démoli mon mur de briques, de béton renforcé avec ton simple regard, simple, mais ô combien profond !

Tu as détruit ce que j’ai mis tant de temps à construire pour que jamais plus cela ne se reproduise. De toutes ces années d’invincibilité, j’avais fini par croire en ma forteresse. Mais tu l’as réduite en poussière en un rien.

C’était signe que je ne pouvais te laisser passer dans ma vie sans rien faire. Il fallait absolument que je te parle. J’ai agi sur le coup, sans penser, en écoutant que mon cœur et j’ai réussi.

Mais voilà, les autres fois, si autres fois il y eut, ces moments d’hésitations me mettaient les bâtons dans les roues, ils m’empêchaient d’agir, de réagir à cette réaction chimique qu’était notre rencontre. Dans ces moments d’hésitations, c’est ma raison qui prenait le dessus alors que mon cœur, lui, m’appeler en battant de toutes ses forces. Je restais clouer au sol à réfléchir à ce que je devais faire, comment agir, quoi dire et à penser aux conséquences de mes actions, à anticiper toutes les réponses possibles de ta part. J’imaginais tous les scénarios possibles en cette seconde qui m’était donnée. Je la gaspillais avec la raison au lieu de l’utiliser avec mon cœur.

Toutes ces opportunités gâchées par la raison hantent mes pensées, rongent mon cœur et je le sens plus léger jour après jour, car je sens les verres du regret me ronger chaque instant de ma vie. Je suis en constante souffrance. Si j’avais écouté ce cœur, si honnête, si gentil, si tendre, je t’aurais déjà à mes côtés aujourd’hui. Mais en ce moment, il bat encore parce qu’il s’attache et croit fort à cette dernière chance. Le nombre de battements qui lui reste à faire ne dépend que de toi.

Au moins, de toute cette expérience qui me tourmente encore, j’aurai appris une leçon : “Plus on pense de façon objective, moins on existe.” (Kierkegaard)

Poème

Mon cœur est meurtri
Tout ce que j’ai construit
les dernières années de ma vie,
avec difficultés, est détruit.

Mon cœur est plein de désespoir
je ne pense qu’à boire
Je n’ai plus de vouloir
et pourtant je veux y croire.

Mon cœur est mélancolique,
je suis nostalgique
Ma vie est tragique
et je vis en chimérique.

Mon cœur ne bat qu’à travers tes yeux
Je me battrai devant ces messieurs
Mon amour est plus grand que les cieux
Et est plus fort que celui de Dieu.

Publié dans:  on 6 avril 2008 at 11:16 Laisser un commentaire
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indécision

Je suis emprisonné, comme un rat dans une cage. Je suis voué à l’éternel retour, comme un hamster qui court en rond dans la roue jusqu’à ce que son cœur explose.

Comme lui, je cours en rond, mais mon cœur ne semble pas prêt d’exploser de si tôt. Par contre, mon corps, lui, se consume. Le regret, le remord me grignote, me déguste avec appétit, à petites bouchées, jours après jours.

Je suis là, dans cette chambre mystérieuse, sombre, entre quatre murs. La porte, en face de moi, est fermée à clés. La clés, elle, est attachée à une corde et pend du plafond. Je la regarde, même en sautant, 30 cm nous séparent et pourtant, ma vie dépend de cette clés. Je suis enfermé dans cette chambre et le seul moyen de m’en sortir est là, devant mes yeux, à quelques centimètres, inatteignable.

J’en suis conscient, je sais quoi faire pour m’en sortir, mais je n’arrive pas à l’atteindre. Je suis donc enfermé ici à jamais. Je tourne en rond dans cette chambre, je m’assois dans un coin, sombre, et réfléchi à tout ce que je peux faire en ce moment au lieur d’être ici. Je pense à tout ce que je rate.

Le seul moyen que j’ai de jouir de la vie est de m’endormir et de rêver. Le rêve est tout ce qui me reste, est tout ce qui me garde en vie, est tout ce qui me donne encore espoir, est ce qui donne la force à mon cœur de battre et de vouloir.

Je regarde cette clés, sachant que jamais je ne pourrai l’atteindre et sachant que c’est la seule chose au monde, si elle se retrouve en ma possession, qui pourrait changer ma vie.

Derrière cette porte, personne ne peut m’entendre. Personne ne peut venir à mon secours, l’ouverture de cette porte dépend entièrement de moi. Je suis le seul être à pouvoir la franchir, car elle n’existe que dans ma tête.

Il ne me reste plus qu’à attendre, assis dans ce coin, que ma patience me dit que c’est trop, que j’ai assez perdu de temps, que je ne peux plus rester las, qu’il faut agir. Tous les moyens sont permis: ou je reste ici à jamais et gâche ma vie ou je défonce cette porte et reprend ma vie en main.

Me voilà face à l’indécision, je ne peux agir sans avoir atteint cette limite, car je n’ai aucune motivation, aucun désir, aucune envie. Mon avenir ne dépend que d’elle.

«L’incertitude est de tous les tourments le plus difficile à supporter.» Alfred de Musset

Publié dans:  on 5 avril 2008 at 4:31 Laisser un commentaire
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Écrire: pour qui ? pour quoi ?

Toutes ces chansons que ces chanteurs écrivent et chantent, tous ces poèmes que ces poètes écrivent, tous ces romans que ces écrivains écrivent; tous ces artistes sont inspirés par un vécu, par une expérience, par une aventure, par une histoire d’amour bonne ou mauvaise, heureuse ou malheureuse.

Alors que moi, j’écris pour l’espoir qu’un jour mes chimères deviennent expériences, réalité. J’écris pour une histoire d’amour qui n’existe pas, j’écris pour une femme dont j’ignore les sentiments à mon encontre. J’écris pour quelque chose qui n’existe pas, pour quelque chose qui n’existe que dans mon imagination. J’écris pour quelque chose dont j’espère la réalisation sans mon agir.

Je t’idolâtre déjà. Tu es ma merveille du monde. À toi seule tu formes les sept merveilles du monde.

Les cinq sens, ta présence physique et ta présence métaphysique.

Caresser ta peau, sentir ton odeur, gouter à tes lèvres, admirer ton corps, écouter ta respiration, t’avoir à mes côtés, t’avoir dans mes pensées.

Tu n’existes que dans ma tête, tu n’es vivante, tu n’es à mes côtés que dans mes pensées.

Mieux vaut, peut être, vivre ainsi plutôt que de te perdre en essayant de t’avoir réellement.