hésitation

Me ronge.

Toutes ces occasions qui me sont apparues et où j’ai hésité une seconde, rien qu’une, m’ont glissé d’entre mes mains. Cette seconde d’hésitation a détruit mon bonheur probable, mon espoir.

J’ai toujours réussi à vivre avec mes erreurs, en les acceptant, en en tirant une bonne leçon de vie, en jurant de ne plus les refaire et en me disant “plus jamais”. J’ai réussi à les oublier. Je réussissais grâce à ce qu’un jour Sade a dit : “[...] pas le temps pour les regrets”. Ces mots me remplissaient de courage et de force. Ils me permettaient de continuer à vivre en me disant que la vie avance, le temps n’attend pas et qu’il y aura toujours mieux à venir. Mais n’est-ce pas vivre dans l’illusion qu’espérer un avenir meilleur et oublier de vivre le présent ? Peut-être bien, mais ça aidait.

Bref, par habitude, je finis par oublier aisément. D’ailleurs, je ne me suis jamais souvenu que de moi-même jusqu’au jour où je t’ai vu pour la première fois. En un instant, tu as détruit ce que j’ai construit en trois ans afin de me solidifier, de me renforcer, de me rassurer, de me protéger contre tout événement de ce genre. Tu as démoli mon mur de briques, de béton renforcé avec ton simple regard, simple, mais ô combien profond !

Tu as détruit ce que j’ai mis tant de temps à construire pour que jamais plus cela ne se reproduise. De toutes ces années d’invincibilité, j’avais fini par croire en ma forteresse. Mais tu l’as réduite en poussière en un rien.

C’était signe que je ne pouvais te laisser passer dans ma vie sans rien faire. Il fallait absolument que je te parle. J’ai agi sur le coup, sans penser, en écoutant que mon cœur et j’ai réussi.

Mais voilà, les autres fois, si autres fois il y eut, ces moments d’hésitations me mettaient les bâtons dans les roues, ils m’empêchaient d’agir, de réagir à cette réaction chimique qu’était notre rencontre. Dans ces moments d’hésitations, c’est ma raison qui prenait le dessus alors que mon cœur, lui, m’appeler en battant de toutes ses forces. Je restais clouer au sol à réfléchir à ce que je devais faire, comment agir, quoi dire et à penser aux conséquences de mes actions, à anticiper toutes les réponses possibles de ta part. J’imaginais tous les scénarios possibles en cette seconde qui m’était donnée. Je la gaspillais avec la raison au lieu de l’utiliser avec mon cœur.

Toutes ces opportunités gâchées par la raison hantent mes pensées, rongent mon cœur et je le sens plus léger jour après jour, car je sens les verres du regret me ronger chaque instant de ma vie. Je suis en constante souffrance. Si j’avais écouté ce cœur, si honnête, si gentil, si tendre, je t’aurais déjà à mes côtés aujourd’hui. Mais en ce moment, il bat encore parce qu’il s’attache et croit fort à cette dernière chance. Le nombre de battements qui lui reste à faire ne dépend que de toi.

Au moins, de toute cette expérience qui me tourmente encore, j’aurai appris une leçon : “Plus on pense de façon objective, moins on existe.” (Kierkegaard)

L’URI pour faire un Trackback sur cet article est : http://franznasner.wordpress.com/2008/04/14/hesitation/trackback/

Flux RSS des commentaires de cet article.

Leave a Comment

You must be logged in to post a comment.