Et maintenant

Je n’aurais su mieux dire !

Non, lui répondais-je; ce n’est pas une si grande perte. N’ai-je pas fais ce que je devais ? Ne l’ai-je pas chassée d’ici ? Qu’avez-vous donc à dire ? Le reste me regarde; les taureaux blessés dans le cirque ont la permission d’aller se coucher dans un coin avec l’épée du matador dans l’épaule, et de finir en paix. Qu’est-ce que j’irai faire, dites-moi, là ou là ? Qu’est-ce que c’est que vos premières venues ? Vous me montrerez un ciel pur, des arbres et des maisons, des hommes qui parlent, boivent, chantent, des femmes qui dansent et des chevaux qui galopent. Ce n’est pas la vie tout cela : c’est le bruit de la vie. Allez, allez; laissez-moi le repos.”

Alfred de Musset, La confession d’un enfant du siècle, Paris, FLAMMARION, 1993, p.59

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