Si j’étais né muet, tous les malheurs du monde m’auraient été épargnés.
T’oublier
Je n’arrive pas, je n’y arrive toujours pas, je n’y arriverai pas.
Tu m’es revenu, ce soir. Tu hantes à nouveau mes pensées. Ta présence m’obsède à nouveau. Je croyais que j’arriverai à t’oublier, que j’avais réussi à t’oublier. Mais j’ai eu tort. Je croyais en l’impossible, j’ai sous-estimé mon amour pour toi. Mon amour aveugle, mon amour absurde.
Je n’arrive pas à t’oublier. Je n’en peux plus. Ta présence dans mon esprit me détruit. Il faut que je t’oublie, il le faut. Ma survie en dépend.
L’Autre
C’est parce que la vie est simple que l’Homme vie dans l’illusion.
En étant simple, la vie devient plate, morne, ennuyeuse, routinière. L’Homme est contradictoire, il a besoin d’une routine en changement, il a besoin de nouveauté dans sa vie conservatrice, il a besoin de toujours plus, sinon la même chose à répétition. C’est cette simplicité qui le force à espérer.
La recherche de l’enivrement, que ce soit en faisant l’amour ou en vivant un événement fort une seule fois, ne suffit pas. S’il ne peut pas aller plus loin, vivre quelque chose de plus intense, il cherchera à le revivre encore et encore jusqu’à son épuisement, sa mort. Ce sera une drogue, il sera en manque et fera tout ce qui est en son pouvoir pour le revivre. S’il n’y arrive pas, il se mettra à écrire, à chanter, à dessiner, à peindre, à sculpter, à pleurer, à crier…
D’ailleurs, sans tristesse, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue. Avec l’expérience et mes questionnements, j’ai fini par comprendre la vie. Le seul but de la vie est de trouver l’autre. Cet autre avec qui on est heureux, avec qui on est soi, avec qui on est chez soi. Cet autre avec qui on n’a pas besoin de s’ouvrir, car on l’est toujours. Cet autre avec qui on est à l’aise. C’est en vivant avec cet autre qu’on comprend le sens de notre vie et qu’on l’apprécie. Cet autre qui nous donne cette joie de vivre, cette lumière que rien ne peut éteindre.
La vie de l’Homme n’a pas de sens tant qu’il n’aura pas rencontré cet autre avec qui il pourra enfin dire qu’il est vivant, qu’il vit et qu’il est heureux. Seul, il est voué à la tristesse, au désespoir, à l’ennui, à la douleur, au questionnement et à l’ignorance.
Cet autre, c’est moi.
Malade
Je n’arrive pas à comprendre ou à ressentir les sentiments des autres, ni même les miens. Mon for intérieur est vide. C’est le néant. On peut voir ma tristesse, mon désespoir, ma souffrance qu’à travers mes yeux parce qu’ils brillent à cause de tous les pleurs rentrés. Les larmes sont au bord de mes yeux. Je ne sens rien parce que je me noie de l’intérieur. Je suffoque, je n’arrive plus à respirer. Je n’arrive plus à vivre.
Mon corps est submergé de larmes qui engloutissent mes organes et empêchent leur fonctionnement. Je me sens lourd, épais, fatigué par ce poids qui pèse en moi et qui tue mon vouloir vivre.
Cette inondation interne est arrivée au niveau de mes yeux, il ne reste plus qu’à inonder le reste de mon crâne pour ne plus pouvoir penser et écrire. Les seuls moyens qui me reste pour te voir, te parler et pour me soulager. Ensuite, je sombrerai dans un état végétatif, je serai blasé et impuissant.
Voici donc ce que je ressentais juste avant de devenir apathique.