Ennui

Il se réveille le matin, las, les pensées vides, se promène un peu dans les pièces de l’appartement, car il ne sait pas quoi faire. S’assoit, regarde à droite, à gauche, réalise petit à petit qu’il est réveillé, qu’il est toujours vivant et que c’est une journée comme les autres qui commence à nouveau. Il n’a pas envie de manger, malgré le fait qu’il n’a rien mis en bouche depuis plus de douze heures. Il ne sait pas quoi faire. Il est assis, là, sur le sofa, perdu, éperdu. Il ne sait pas ce qu’il fait là. Il se demande ce qu’il peut bien faire aujourd’hui, qu’est ce qui pourrait l’occuper, l’aider à fuir cette platitude.

Il est fatigué, il est épuisé de faire semblant d’être heureux quand ils sont là. Les marches dans le parc, les sorties entre amis, dans un café, dans un bar, dans une maison, dans un jardin, au cinéma, en voiture, les randonnées, les conversations, les débats, les arguments, la compagnie, les amis, la famille, les inconnus ne lui disent plus rien. Quand il se retrouve parmi eux, il est ailleurs, il regarde ailleurs, il pense ailleurs, il vit ailleurs. Seul son corps est présent, le reste est dans un autre monde, dans une bulle. Les sourires, les blagues, les rires, les fous rires, les accolades, les baisers, les caresses font parties du passé. Un passé si lointain qu’il a du mal en s’en souvenir. Il a oublié comment sourire, comment rire, quels muscles bouger. Il a oublié le goût des lèvres, il a oublié la sensation que donne le touché de la peau de l’autre. Bref, il a perdu l’usage de ses sens. Son corps est là, mais son esprit est ailleurs, dans un monde chimérique. Il entend des voix autour de lui, du bruit, rien que du bruit, vide de sens. Il ne sait plus ce qu’est la joie, ce qu’est le bonheur, ce qu’est d’être avec quelqu’un, ce qu’est de vivre. Il est apathique, Il ne sait plus s’il vit ou s’il survit.

Il n’a plus envie de vivre; il ne veut pas mourir. Il est perdu.

Parler, écrire, lire, toucher, voir, écouter, sentir, goûter l’ennui. Il est blasé. Blasé de cette vie vide de sens. Vide de sens, car elle est le sens de sa vie. Il n’a plus envie de manger, de boire, de voir du monde, de penser, de dormir, de parler, d’écrire, de lire, de toucher, de voir, d’écouter, de sentir, de goûter, de partager, de donner, d’expliquer, de prendre, de faire, de construire, de détruire, de courir, de marcher, d’espérer, de pleurer, de crier, de sourire, de rire, de vivre, de mourir.

L’habitude du désespoir est plus terrible que le désespoir lui-même. Albert Camus

Il ne fume pas, il ne boit pas, il ne joue pas; il ne fuit pas. Il vit avec ce poids de l’ennui qui lui courbe le dos. Avec le temps, par habitude, il a fini par s’y faire, à cette vie. Il est comme un rat que l’on lâche dans un bassin d’eau. Au début, il se bat de toutes ses forces afin de survivre et de s’en sortir, mais avec le temps, il fini par comprendre que c’est peine perdue, qu’il n’y peut rien et baisse les bras, se laisse aller. Tout doucement, il se voit couler dans ce bassin, sans regrets, car il sait qu’il s’est battu, qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir. Il est comme ce naufragé qui nage avec énergie  en sens contraire de ces gigantesques  vagues et qui fini, par épuisement, par baisser les bras et se laisser couler dans cet univers profond, gigantesque et vide.

Il se fait tard, très tard. L’insomnie l’a rejoint; ils sont deux maintenant. Il est étendu sur son lit, il regarde le plafond d’un regard vide. Il ne pense pas. Il est juste là. Il existe tout simplement. Aucune pensée, aucune envie. Rien. Il attend que la fatigue prenne le dessus et l’emmène avec elle, dans ses bras réconfortant, loin de ce monde, pour quelques heures. Toute la journée il attend ce moment, car c’est le seul moment où il ne sent vraiment rien, où c’est le vide total, le néant.

Le désespoir est le suicide du cœur. Jean-Paul Richter

Souffrance

J’avais tant voulu te revoir, je n’espérais que ça depuis que je t’ai perdue de vue. Je ne m’attendais pas à te croiser aujourd’hui. Avec le temps, j’avais réussi à diminuer l’impact que tu avais sur mes pensées. Je pouvais passer une journée sans trop penser à toi. Je m’occuper à faire tout et rien, à faire n’importe quoi pour ne pas me retrouver face à ma solitude. Je la trompais en écrivant et une fois que je commençais, il m’était presque impossible d’arrêter. Seule la fatigue, quand je n’avais plus d’énergie, me forcer à dormir. Je pouvais enfin me reposer un peu. Mais aujourd’hui, je t’ai vu, par hasard. Je ne m’attendais absolument pas à te voir. Cela m’a donné espoir, cela veut dire que j’ai des chances de te croiser à nouveau, du moins, je l’espère.

Au début, je n’étais pas sûr que c’était toi, étant donné que je doute de tout. Si j’avais pris la même voiture que celle où tu te trouvais, j’aurai eu 20 minutes pour te parler, pour te raconter, pour te dire ce que je sens, ce que je désir, ce que je voudrais, ce que j’espère. Des mots, rien que des mots. Je n’ai pas pu te montrer l’effet que tu as sur moi. C’était ainsi depuis le début, chaque fois que je te vois, je souffre du “locked-in syndrome” je m’entends parler, mais rien ne sort de ma bouche, je suis paralysé, je ne peux que te voir et écouter ma propre voix.

En fait, si, je n’ai su te le montrer qu’en te fuyant, qu’en te repoussant et cela n’a fait que me faire du mal. J’avais l’opportunité d’avoir ton amitié, étant donné que ton cœur appartenait déjà à un autre. J’aurai eu l’opportunité d’être à tes côtés, de te côtoyer. Mais j’ai tout gâcher par ma maladresse, par ce sentiment de gêne, par ma gaucherie que tu as créée en moi par ta simple présence. Tu me tourmentais, je n’arrivais plus à me contrôler, je n’avais d’autres idées que de te fuir. En se faisant, je n’ai fait que te repousser, que  construire en toi une mauvaise idée de moi, de ma personne et de mes intérêts. Je voudrais tellement changer cela. Je voudrais tellement pouvoir te parler et  tout te dire. Combien tu m’as changé, combien tu m’as affecté, combien tu m’affectes toujours et combien tu es présente dans mes pensées. Je voudrais faire une folie pour te prouver mon amour insensé, mais je me retiens, car je n’aurai l’air que d’un  fou, malade. Suis-je né aveugle et sourd ou fallait-il la lumière d’un malheur pour m’éclairer de mon aberration ? Je reste là à espérer que le meilleur arrive, que le tout se réalise par lui-même, comme un idiot. Mais je suis impuissant, je ne peux qu’attendre une prochaine rencontre, encore, et cette fois d’agir sous peine de virer à la folie.

Il existe tant de mots pour décrire ta beauté qu’ils perdent leur sens.

Cette attente, insupportable. Attendre et espérer, comme disait Dumas. Il n’existe que deux éléments encore vivant en moi, le remords qui me fait prendre conscience de toutes ces chances que je n’ai pas voulu saisir et de tout ces instants de bonheur que j’ai laissé s’envoler et l’espoir qui me permet de continuer à vivre et qui me laisse croire en une prochaine fortuite rencontre.

Il faut savoir laisser le passé derrière nous et aller de l’avant. C’est facile à dire. Je ne peux t’oublier, car tu fais partie de moi. Il me faut te reconquérir, même si je dois y consacrer toute ma vie; elle en dépend.

“[...] Les hommes auraient des peines bien moins vives si… [...], s’ils n’appliquaient pas toutes les forces de leur imagination à renouveler sans cesse le souvenir de leurs maux, au lieu de supporter un présent qui ne leur dit rien.”

Goethe, Les souffrances du jeune Werther, GALLIMARD, 1973, p.33

L’opportunité ratée

Me voilà à nouveau détruit par le remords. Je n’ai fait que le nourrir aujourd’hui. Il est plus fort que jamais.

Moi qui espérais tant te revoir pour enfin avoir l’opportunité de te parler et voilà que je l’ai encore une fois laissée passer. Oui, je t’ai vu, au loin, je t’ai reconnu parmi toute cette foule, à plus de 30 mètres, je me suis levé d’un bond et je me suis approché subtilement vers toi afin de m’assurer que mes yeux et mon cœur ne m’avaient pas encore une fois trompés. Ils avaient bien raison, c’était toi. Je n’ai rien fait, je t’ai regardé, tu m’as cloué au sol, tu ne m’as pas vu. J’ai pu voir ton visage à son plus naturel, à son plus simple. Si beau.

J’ai ressenti ce que toi seule a su me faire ressentir. Cela faisait si longtemps… Je reconnais cette sensation, car seule toi peut la créer en moi. Tu as créé cette émotion en moi, elle est ton œuvre, elle t’appartient, comme mon cœur t’appartient. J’ai revécu ce que j’avais tant espéré, mais pour un si cours instant et te laissant partir, sans rien faire. Cela n’a fait que me torturer.

J’ai envie de crier, de m’arracher, d’arracher ma peau, mon cœur, mes poumons, mon foie, mes yeux avec mes doigts. J’ai cette rage intense qui se nourrit de mes regrets et qui me donne une force incroyable, incontrôlable.

J’aurai dû t’aborder, te parler, te dire que je suis là, te dire que j’ai besoin de toi, te dire que j’ai envie de toi. Je n’ai fait qu’empirer ma situation. Moi qui croyais que ma souffrance s’était presque dissipée avec le temps. La revoilà, plus forte que jamais.

Je ne sais plus quoi faire. Je n’arrive plus à ne plus penser, j’essaie de fuir cette solitude, ces insomnies qui ne font que me forcer à penser à toi. J’ai besoin de partir, loin, de m’isoler, de me noyer. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne fais qu’espérer en l’avenir, dans l’espoir d’une meilleure chance, mais quand elle apparaît, je la regarde, là, sans rien faire pour ensuite regretter. L’accumulation de tous ses regrets me tue. Je ne sais si je survivrai à une prochaine rencontre.

Avec le temps, tout s’en va, comme disait Leo Ferré, je l’espère bien, mais entre temps que fais-je ?

Il y a un signe infaillible auquel on reconnaît qu’on aime quelqu’un d’amour, c’est quand son visage vous inspire plus de désir physique qu’aucune autre partie de son corps.


Michel Tournier, Petites proses, Folio n° 1768, p.245

Publié dans:  on 19 juin 2008 at 8:09 Commentaires (1)
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Envie

J’ai envie de toi.

J’ai envie de te voir, de te regarder dans les yeux, d’admirer ton sourire, de caresser ta joue, de te prendre dans mes bras, de te respirer et de partir, sans rien dire, sans me retourner et de t’oublier.

Publié dans:  on at 2:33 Laisser un commentaire
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Lettre

“[...] À la lumière froide et tranquille de la raison, fier et impassible, je regardais tout, rien ne m’épouvantait, rien ne me surprenait, oui, même si l’esprit avait frappé à ma porte, j’aurais tranquillement saisi le flambeau pour ouvrir. Mais vois, ce ne sont pas des fantômes à qui j’ai ouvert, des êtres pâles et sans force, c’était à toi, ma C…, c’était la vie, la jeunesse, la santé et la beauté qui venaient à ma rencontre. Mon bras tremble, je ne parviens pas à tenir le flambeau immobile, je recule devant toi sans pouvoir m’empêcher de fixer les yeux sur toi et de désirer tenir le flambeau immobile. J’ai changé, mais pourquoi ce changement, comment s’est-il effectué et en quoi consiste-t-il ? Je l’ignore, je ne sais d’autre précision, aucun prédicat plus riche que celui que j’emploie lorsque de façon infiniment énigmatique je dis de moi-même : j’ai été transformé.”

Sören Kierkegaard, Le Journal du séducteur, GALLIMARD, 1943, p.155

Publié dans:  on 18 juin 2008 at 1:26 Laisser un commentaire
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Pause

J’ai tout vidé, ma douleur, ma tristesse, mon désespoir, ma misère, mon cœur, mon sang, ma tête, mes idées, mes paroles, mes écrits, mes mots, mes larmes, ma vie. Je n’ai plus d’inspiration. J’ai tout dit.

Il ne me reste plus qu’à t’attendre. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, le malheur tire son énergie d’une source inépuisable. Ce n’est qu’une question de temps avant que je ne me remette à écrire.

J’existe, mais pas sans toi, comme l’ombre existe, mais pas sans la lumière.

Toucher le fond

J’ai atteint la ligne rouge, j’ai touché le fond du puits, je suis arrivé à la limite, je ne peux aller plus loin, plus bas. Et je suis toujours là, vivant.

J’ai vécu toutes les misères du monde, il ne peut m’arriver pire. J’ai reçu toutes les pierres que la terre  a trouvées à me lancer. Je ne peux que remonter la pente. Mais je ne peux la remonter sans toi.

Tu es mon monte-charge, tu es l’énergie qu’il me faut pour me permettre de me lever et de remonter cette pente, vers toi.

«J’ai assez pleuré, j’ai assez souffert, j’ai assez refoulé dans mon cœur l’amour insensé qui me ronge.» Alfred de Musset

Et encore

J’ai encore pensé à toi aujourd’hui. Je t’imaginais partout où je t’ai déjà vu. À l’entrée, dehors, assise, étendue, marchant, courant, traversant, au téléphone, dans le bus. Notre conversation, ton sourire gêné, ton regard brillant, ta maladresse si charmante, ta voix, tes dernières paroles, ton au revoir, ton cou, tes cheveux, ton dos, toi qui disparaissait au loin, petit à petit et moi qui te laissais partir sans regarder en arrière et qui sentait mon cœur tomber à terre et exploser.

Si seulement je pouvais revenir à ce moment précis et courir après toi, te rattraper, te suivre et marcher à tes côtés jusqu’où nous étions supposé aller au lieu de refuser ton invitation et de quitter comme un lâche. J’imagine ce qui serait arrivé, toi, moi, devant un verre, face à face, en train de nous découvrir les yeux dans les yeux.

Je donnerai tout pour revenir à cet instant, tout. Tu n’as jamais eu besoin de dire quoique ce soit. Je pouvais lire sur ton visage,  tes expressions, ton sourire, dans tes yeux, dans tes cheveux. Ils s’exprimaient si clairement que les paroles étaient inutiles. Jamais je n’ai parlé à un visage si vivant, si énergique, si vitale. Et lorsque tu m’as parlé, j’étais éblouie par la beauté de tes paroles et par la sensualité de cette voix, si douce, si vraie, si joyeuse. Avec ce visage et cette voix tu ne pouvais que répandre le bonheur autour de toi. Et tu l’as fait. Mais maintenant que tu n’es plus la, c’est la misère qui règne.

J’attends, j’espère, ce jour où je te croiserai par hasard. Oui, je suis affaibli au point d’espérer ! Je pourrai enfin te dire tout ce que j’ai dans ce cœur  qui n’est plus.  Tue moi après, cela m’est égal, mais écoute moi avant. Mieux encore, je me tuerai pour toi, si tu le désires, après t’avoir vu et parlé pour une dernière fois.

Il n’y a rien de plus misérable que de souffrir de remords. C’est la pire maladie qui n’est jamais existé. Elle te dévore l’intérieur et te hante l’esprit. Le seul remède, c’est la confrontation à la source du remords. Il faut retourner faire ou dire ce qu’on aurait du faire ou dire, sinon, jamais on n’en guérit.

Ainsi, ma guérison ne dépend que du hasard de notre rencontre improbable.

Publié dans:  on 13 juin 2008 at 12:14 Commentaires (1)
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Affliction

J’ai des sensations de tristesse soudaines qui surgissent en moi au point d’avoir les larmes aux yeux. N’importe où, n’importe quand, cette sensation apparaît sans aucune raison apparente. Serait-ce parce qu’il n’y a plus de place dans mon corps pour enfouir toute cette tristesse ? Elle ne demande qu’à sortir, qu’à se libérer dans l’air, qu’à être libre. Ce sentiment me torture, car quand je le ressens je pousse de toute mes forces afin de le libérer, mais rien n’y fait. Alors je ressens une insatisfaction frustrante. Rien ne s’améliore, ça ne fait qu’empirer.

Je n’arrive même plus à vivre mes émotions.

J’ai besoin de toi pour vivre. Tu es mon unique raison d’être. Je t’hallucine partout. Où je vais, j’ai l’impression de te voir. je suis envahie par une sensation d’ivresse, de faiblesse, au point de ne plus pouvoir me tenir debout pour ensuite ressentir une insatisfaction après avoir réalisé que ce n’était qu’un mirage, que ce n’était qu’une femme comme une autre et que mes yeux m’ont encore une fois trompés. Ils essaient de me faire plaisir, mais ça ne fait que tourner le couteau dans la plaie.

Un ami me disait qu’il aimerait acheter une auto, une maison et tous les meubles et objets qui vont avec. Il voudrait voyager, profiter de la vie, me dit-il. Profiter de la vie en achetant des choses insignifiantes ? Des besoins créés par la société qui sont complètement inutiles. Moi, je n’ai besoin que de toi pour vivre. Pas besoin de café, de cigarette. Tu es ma seule dépendance. Chaque instant de ma vie je suis en manque de toi. Comme un drogué, je souffre, je deviens fou, je perds la raison, je panique et pique une crise. Tu fais partie de mes besoins primaires, comme boire et manger, ta présence est essentielle à ma survie. J’ai besoin de te sentir, de t’avoir auprès de moi, de t’avoir dans mes bras.

Partout où je vais je t’imagine avec moi. Je nous imagine ensemble en train de faire ça ou cela, comme ce couple qui marche main dans la main dans le parc, ou comme cet autre couple où la femme est dans les bras de son amoureux, ou comme ce dernier assis sur un banc publique qui ris de joie et qui s’embrasse.  Il me faut te voir. Tu es ce qui apparait en dernier dans mes pensées avant de m’endormir, tu remplis mes rêves toute la nuit et tu es la première pensée qui apparait à mon réveil. Tu es présente dans toutes les étapes de ma journée, tu es omniprésente, je n’arrive pas à t’oublier, à t’enlever de ma mémoire. Tu es comme ce moi qui est en moi, tu es toujours là. Tu accompagnes cette voix intérieur, tu fais partie de moi.

Je suis abattu, je n’ai plus la force de monter les escaliers, ou même de marcher. Je ressens de la douleur aux jambes, aux bras, aux os. Je sens mes organes se détériorer, mal fonctionner,  mon système immunitaire s’épuiser. Mon corps est comme celui d’un homme perdu en plein milieu du désert depuis quatre jours, déshydraté, le sang sec, les reins et le foie ne fonctionnent plus, la peau brûlée, le corps épuisé, à bout de force, abattu, et qui t’hallucine partout comme ces îlots parce que seul ta présence pourra lui sauver la vie, comme cet eau et ces fruits qu’il  croit trouver. Cette douleur intérieur, quand on ressent nos organes crier, on est impuissant, la seule chose qu’on peut faire est de se plier en deux, les bras au ventre et de crier et de pleurer d’agonie.

Je n’ai même plus la force d’écrire. Je me rend compte que je ne fais qu’écrire la même chose sans arrêt. Les mêmes sensations, les mêmes douleurs, dans tous mes textes. C’est parce que je n’arrive pas à t’oublier. Je dois absolument te revoir, sinon le remords me tuera.

Publié dans:  on 12 juin 2008 at 12:26 Commentaires (2)
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Enfermé

Je suis enfermé en moi, à l’intérieur, dans mon corps et j’ai cette porte devant moi, barrée, cadenassée que je tente d’ouvrir de toutes mes forces en la bougeant d’en avant à en arrière, en lui donnant des coups de pieds, des coups d’épaules. Je cris, je gueule, je n’arrive pas. Je ne trouve pas les clés dans ce trousseau, je suis fatigué de chercher, je n’arrive pas à la trouver, je n’arrive pas à sortir, à sortir de moi-même.

 

J’ai cette colère, cette rage envers moi-même, cette haine, ce mépris. Je me déteste pour toutes ces erreurs que j’ai faites, pour toutes ces opportunités dont je n’ai pas su profiter. Je me détruis, ça me tue intérieurement parce que je ne peux rien y faire.

C’est comme si un clou dans une main et un marteau dans l’autre je me cloue au sol, j’enfonce ce clou dans mon pied pour m’enfoncer, me clouer à terre afin de ne pas pouvoir bouger. Et en essayant de bouger mes pieds, je me torture, je me fais mal tout en restant sur place et ça m’énerve et me fait mal alors je prends des couteaux et me les enfonce dans mon ventre, mon abdomen, ma poitrine, j’en prend plein, un après l’autre, je me les enfonce avec joie, avec colère, en riant et je les regarde, là, enfoncés dans mon corps, le sang qui gicle, qui coule jusqu’à terre, le sang qui commence à sortir de mes yeux pleins de rage, de mon nez, de mes oreilles, de ma bouche.

J’essaie de changer la douleur de place, mais elle augmente, elle est toujours la, je n’arrive pas à la fuir, je n’arrive pas à la tuer.

 

On est supposé apprendre de nos erreurs. Elles sont supposées nous rendre plus mature, plus intelligent, plus habile, mais ça à l’air que ça a un effet contraire sur moi. Je suis voué à l’éternel retour de mes erreurs. ça doit être parce que j’oublie facilement, par habitude, afin de pouvoir continuer à vivre malgré toute cette misère, cette angoisse et ce désespoir qui me torture depuis ma naissance. C’est pourquoi je n’apprend rien. J’oublie et vis à nouveau. Je ne me souviens pas avoir vécu  un événement semblable, mais je me souviens de la souffrance vécue, je la reconnais et je souffre de ne pas avoir su l’éviter à nouveau.

Ne me quitte pas

Je ne vais plus pleurer

Je ne vais plus parler

Je me cacherai là

À te regarder

Danser et sourire

Et à t’écouter

Chanter et puis rire

Laisse-moi devenir

L’ombre de ton ombre

L’ombre de ta main

L’ombre de ton chien        

Mais ne me quitte pas

Ne me quitte pas

Ne me quitte pas

Ne me quitte pas

Jacques Brel, “Ne me quitte pas“, 1959.

Publié dans:  on 10 juin 2008 at 2:58 Commentaires (1)
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Cercle vicieux

Ton regard innocent m’attire. Cette innocence, cette curiosité qui fait brûler cette flamme dans tes yeux met mon coeur à genoux chaque fois que nos regards se croisent. Ton visage éclatant, rayonnant me remplie de joie, tes cheveux deviennent mon soleil, ta peau blanche crème, si douce, me donne une envie irrésistible de te toucher, tes lèvres fines, parfaitement dessinées me donnent envie de te les caresser avec mes lèvres, ton corps, si naturel, digne d’une déesse grec crée la vie en moi. Le tout m’enivre au point de me faire perdre connaissance. Ton ineffable beauté me garde bouche bée, me force à me soumettre à ta splendeur. 

Je n’ose imaginer ce que j’aurais fait si j’étais privé de mes yeux. Ah ! J’aurais raté la seule raison d’être de l’Homme. Rien que ta présence, rien que le fait de t’apercevoir éveil mes sens. Tu es comme cette dernière allumette qui reste et sur laquelle tout l’espoir du monde repose afin d’allumer, pour une dernière fois, cette bougie qui a tant de fois était allumée et éteinte par les malheurs de la vie et dont la tige ne quémande,  ne supplie que cette dernière fois soit la bonne sous peine de rester éteinte à jamais. Tu es la flamme de l’espoir, de la joie, du bonheur, de la vie, de ma vie.

Tu lui ressembles tellement, et pourtant je n’ai remarqué cette ressemblance qu’après l’avoir perdue. Et quand on perd quelque chose de précieux, plus rien n’a d’importance, on ne remarque plus ce qui se passe autour de nous. Mais là, je t’ai remarqué, la ressemblance est-elle si marquante, si saillante ? Serait-ce un délire ? 

Le seul moyen de le découvrir est d’essayer. Je me suis retrouvé face à ton dos, ton épaule à demi-nue, j’étais si proche. Cette peau, blanche, qui m’appelait et qui ne demandait qu’à être caressée tendrement. Ah ! j’ai dû résister à la tentation, que ça fait mal ! Mais je sais qu’à la prochaine occasion, ce sera toi qui me demandera de te caresser.

 

À bientôt

Te revoilà

Te revoilà à nouveau dans mes pensées. Je ne sais d’où tu es revenu, mais je sais que tu es là, je sens ta présence en moi. Me voici donc à mon habitude, moi qui croyait l’avoir perdue. Moi qui m’étais forcé si fort et qui avait tant souffert à essayer de t’oublier, de t’enlever, de t’arracher de mes pensées, à jamais. Et pourtant tu es revenu si facilement et je n’arrive pas à t’oublier. Tu es encré, forgé dans ma mémoire. Seule la mort nous séparera. 

Jamais je ne pourrai t’oublier, oublier ce visage, ce corps, cette allure, cette tournure, ce sourire, ce regard, ces cheveux, cet être sublime et divin qui m’a ramené à la vie malgré lui !

Ton retour dans mes pensées a fait renaître en moi mes plus profonds remords. Ces vers que j’avais réussi à tuer renaissent en moi et me grignotent à nouveau. Je souffre.

Je n’avais plus écrit depuis ton oublie, car j’étais, du moins, je croyais que j’étais heureux et quand on est heureux on n’écrit pas. Le bonheur n’est pas fait pour les livres. Tout ceci n’était qu’une illusion. Maintenant que tu es de retour, je revis, oui, grâce à cette agonie que je sens en moi, c’est elle qui me fait vivre, c’est elle qui me donne de l’énergie. Ce mélange de souffrance, de remords, de mélancolie et de tristesse fait  battre mon coeur et fait de moi un être vivant.

Je ne sais pas, je ne sais plus. J’ai un sentiment d’incohérence, de contradiction. Ce sont la tristesse et la souffrance qui me font sentir vivant et en même temps je me demande si je ne devrais pas plutôt être malheureux. D’un autre côté, je suis heureux, car rien que de penser à toi me donne envie de chanter comme ces oiseaux qui chansonnent à l’aube. Ce mélange d’émotions contraire, oui, c’est ça, c’est ce cocktail magique qui m’enivre !

Mais cela ne change rien. Je ne t’ai pas et ne t’aurai jamais. Ton coeur appartient à un autre et moi je suis voué à l’éternel solitude. Mon seul espoir réside en mes rêves. Seuls eux me maintiennent en vie.

Seule une rencontre inopinée et improbable pourrait changer la donne et me permettrait d’agir à nouveau, me donnerait une seconde et dernière chance. 

À présent, je comprends. La flamme existe toujours en moi, elle est faible, mais elle est toujours là. Le fait que tu sois revenu dans mes pensées à permis de la renforcer un peu plus et de ce fait m’a donné à nouveau l’espoir d’une possibilité. L’espoir ne meurt jamais, il reste en nous et nous pousse à agir peu importe les circonstances, peu importe la situation. Et cet espoir, je m’y accrocherai jusqu’à ma mort.

 

En attendant notre rencontre…