Et encore

J’ai encore pensé à toi aujourd’hui. Je t’imaginais partout où je t’ai déjà vu. À l’entrée, dehors, assise, étendue, marchant, courant, traversant, au téléphone, dans le bus. Notre conversation, ton sourire gêné, ton regard brillant, ta maladresse si charmante, ta voix, tes dernières paroles, ton au revoir, ton cou, tes cheveux, ton dos, toi qui disparaissait au loin, petit à petit et moi qui te laissais partir sans regarder en arrière et qui sentait mon cœur tomber à terre et exploser.

Si seulement je pouvais revenir à ce moment précis et courir après toi, te rattraper, te suivre et marcher à tes côtés jusqu’où nous étions supposé aller au lieu de refuser ton invitation et de quitter comme un lâche. J’imagine ce qui serait arrivé, toi, moi, devant un verre, face à face, en train de nous découvrir les yeux dans les yeux.

Je donnerai tout pour revenir à cet instant, tout. Tu n’as jamais eu besoin de dire quoique ce soit. Je pouvais lire sur ton visage,  tes expressions, ton sourire, dans tes yeux, dans tes cheveux. Ils s’exprimaient si clairement que les paroles étaient inutiles. Jamais je n’ai parlé à un visage si vivant, si énergique, si vitale. Et lorsque tu m’as parlé, j’étais éblouie par la beauté de tes paroles et par la sensualité de cette voix, si douce, si vraie, si joyeuse. Avec ce visage et cette voix tu ne pouvais que répandre le bonheur autour de toi. Et tu l’as fait. Mais maintenant que tu n’es plus la, c’est la misère qui règne.

J’attends, j’espère, ce jour où je te croiserai par hasard. Oui, je suis affaibli au point d’espérer ! Je pourrai enfin te dire tout ce que j’ai dans ce cœur  qui n’est plus.  Tue moi après, cela m’est égal, mais écoute moi avant. Mieux encore, je me tuerai pour toi, si tu le désires, après t’avoir vu et parlé pour une dernière fois.

Il n’y a rien de plus misérable que de souffrir de remords. C’est la pire maladie qui n’est jamais existé. Elle te dévore l’intérieur et te hante l’esprit. Le seul remède, c’est la confrontation à la source du remords. Il faut retourner faire ou dire ce qu’on aurait du faire ou dire, sinon, jamais on n’en guérit.

Ainsi, ma guérison ne dépend que du hasard de notre rencontre improbable.

Publié dans: on 13 juin 2008 at 12:14 Commentaires (1)
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  1. Mon Dieu vit-on les mêmes choses? C’est fou.


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