Ce qui m’oblige à écrire, j’imagine, est la crainte de devenir fou.
Georges Bataille
L’hiver passé, j’étais comme ces arbres, sans feuilles, sans repères, mort. Puis, à ta rencontre, comme ces arbres à la rencontre du soleil, mes feuilles se sont mises à pousser. Des bourgeons apparurent, des oiseaux faisaient leurs nids; j’étais enfin vivant, j’étais heureux. L’été arriva, J’explosais de feuillage, comme cet arbre à la vue du soleil et d’un ciel bleu comme tes yeux.
Mais j’appris que toute chose à une fin. Le soleil se couchait petit à petit, comme toi qui marchait et qui paraissait de plus en plus petite au fur et à mesure que tu t’éloignais de moi. Comme cet arbre, loin de sa source d’énergie, j’ai commencé à perdre mes feuilles. Comme en automne, je changeais de couleurs et perdais des bouts de moi, comme ces feuilles qui tombent une après l’autre. C’était le début de la fin.
L’hiver approche, j’imagine qu’il ne me reste plus qu’à perdre toutes ces feuilles restantes pour pouvoir enfin aller de l’avant. Me coucher et t’oublier tout au long de l’hiver, pour renaître, différemment, aux yeux d’une autre, ou de personne, au printemps prochain.
Comme chaque jours, le soleil se lève et se couche et pourtant les jours sont si différents. Comme chaque saisons, Tout est pareil et tout est différent.
Comme la nature, je vais changer et rester le même.
J’ai encore rêvé de toi il y a quelques semaines. Je n’ai rien écris à ce sujet parce que je n’en avais pas envie. Je n’avais même plus la force, ni même la passion d’écrire à ton sujet. Elle se dissipe peu à peu.
J’ignore la raison qui m’a poussé à rêver à toi. Cela faisait si longtemps que tu n’avais pas passé par mes pensées. J’imagine que c’était pour m’avertir que tu es toujours là et que tu le resteras. Peut être bien, mais avec moins de ferveur. Tant mieux.
Mon expérience avec toi m’a été très enrichissante. Tu as créé en moi une passion dont j’ignorais l’existence, dont j’ignorais le potentiel. Sans toi, jamais je n’aurais eu la motivation, ni même l’inspiration d’écrire tout ces textes. Ils sont authentiques, ils font partie de moi.
Il me faut continuer à marcher maintenant. Je penserais sûrement à toi de temps à autre, mais cela ne m’empêchera pas de continuer à vivre. La vie n’attend pas. Tu as continué ton chemin, tu ne t’es pas arrêté sur le mien, tu m’as ignoré. Il faut que je fasse de même. Non pas t’ignorer, mais continuer mon chemin.
J’aurais aimé que tu me lises, que tu saches l’effet que tu as eu sur moi, dans ma vie. J’aurais voulu que tu saches.
Je ne t’haïs pas, je ne t’aime pas. Mais tu feras toujours partie de moi, tu as gravé une place dans mon cœur qui ne partira jamais. Si le hasard fait en sorte que nos chemins se croisent, tant mieux, sinon, tant pis.
Au revoir…
[...] Semblable au malade qui ne trouve pas de repos dans son lit, mais qui, en se retournant, secoue ses souffrances.
Alfred de Musset